LLAC: SWISS EMBASSY YAOUNDÉ
competition / 2012

Building physics: Claude-Alain Roulet (Prof. Tit. EPFL; Ing. Phys. EPUL, Laboratoire: LESO-PB )


Quartier : Le terrain se situe dans une zone résidentielle divisée en parcelles relativement grandes occupées par un ou plusieurs bâtiments non-contigus. Dans la plupart des cas, un mur sécurise le terrain et le coupe de toute interaction avec la rue. La lecture du programme amène à penser à une typologie similaire pour ce projet. Le défi de ce projet est de produire des qualités architecturales sur la base de ce schéma, par exemple en développant des articulations plus variées et plus subtiles entre la rue, les jardins et le bâtiment.

Programme: La nouvelle ambassade est composée d’un programme hybride. Résidence, Chancellerie et logements de fonction forment trois parties distinctes. Même si les trois programmes ont leur propre entrée et fonctionnent indépendamment, le projet est conçu comme un même volume accueillant plusieurs bâtiments.

Concept: Un objet autonome entouré de 5 jardins délimités sur tous leurs côtés par des murs est proposé. Pour accéder à chacune des quatre entités programmatiques on passe par un jardin qui développe une qualité spécifique. Situés entre l’espace privé et l’espace public, entre l’intérieur et l’extérieur; les jardins fonctionnent comme une pièce du bâtiment, une sorte d’antichambre. Une exception au système prend la forme d’un jardin touchant l’angle du bâtiment de l’ambassade. Il n’est pas visible, comme les autres, lorsque l’on accède à l’ambassade.

Plans: Le rez-de-chaussée fonctionne sur le principe d’un plan sans couloir, où les pièces ne sont pas hiérarchisées et sont arrangées en continuité avec la logique des jardins. Les niveaux supérieurs sont organisés autour de vides centraux nécessaires à la ventilation naturelle du bâtiment. Les plans s’adaptent en répondant aux espaces des différentes fonctions et créent une tension avec l’ordre plus strict du tracé des façades.

Façades: Toutes les façades sont construites en briques appareillées. Chacune d’entre-elle est composée différemment en fonction de la relation qu’elle  instaure avec le jardin qui la borde. Ces jardins sont dessinés comme des chambres extérieures dont l’un des murs est l’une des façades de l’ambassade. D’une certaine manière, cette façade assure le même rôle que les murs intérieurs d’un édifice qui consiste à délimiter deux pièces.

Structure: La structure est constituée de cadres préfabriqués qui seraient assemblés par une entreprise qui travaillerait avec un grand degré de précision. Ces cadres sont montés sur un radier de béton coulé sur place. Cette étape précise et relativement rapide pourrait être réalisée par une équipe étrangère. Dans un deuxième temps cette structure serait habillée par une maçonnerie constituée de briques produites localement. La main d’œuvre peut tout-à-fait être locale. La structure préfabriquée garantit la précision de l’ensemble qui permet à certaines parties d’être réalisées avec un plus grand degré de tolérance. 

Thermique: L’objectif est d’apporter un confort thermique idéal par une ventilation naturelle, évitant ainsi toute mécanisation et dépendance énergétique. Les variations de températures  journalières sont suffisamment importantes tout au long de l’année pour assurer un refroidissement passif (refroidissement par ventilation nocturne / protection contre la chaleur pendant la journée). La ventilation du bâtiment se fait par un système traditionnel qui associe des cheminées (extraction de l’air chaud) avec un échangeur air-sol. Ces cheminées habituellement cantonnées à leur fonction techniques sont, dans ce projet, transformées en espaces habitables et représentatifs. Chaque entité programmatique est associée à une cheminée qui devient son espace central.