LLAC: BELGIAN PAVILION VENICE
proposal for the Belgian Pavilion at the Venice Biennale / 2010

Collaboration with Christophe Antipas: 

www.llac.be


Je suis arrivé à l’entrée du pavillon belge vers midi, un écran de plâtre découpé en son centre par une porte massive.

En entrant dans le bâtiment je me souviens d’avoir franchi une petite pièce, sorte d’antichambre de l’espace d’exposition. Une femme derrière un comptoir me demanda si je veux commander un catalogue1. Lui faisant remarquer qu’il me semblait bizarre de faire ce choix avant de visiter l’exposition elle me répondit que les catalogues étaient personnalisés et qu’il fallait 15 à 20 minutes pour les préparer. Elle pouvait donc préparer mon catalogue pendant la visite.

Encore occupé par l’histoire du catalogue j’entrais dans l’espace d’exposition. Une intense lumière blanche inondait l’espace. Une maquette du pavillon belge2 se trouvait juste devant moi. Elle avait l’air de flotter dans l’espace. Entièrement blanche, sa matérialité n’était pas immédiatement saisissable. Je tournais autour pour l’observer sous différents angles. C’est seulement à ce moment que je remarquais quelque chose d’étrange3 dans l’espace qui m’entourait. Je ne pouvais pas distinguer ses limites.Les lignes droites qui habituellement distinguent les murs du plafond et du sol avaient disparues. Il m’était difficile d’estimer si les gens qui m’entouraient étaient proches ou loins de moi. L’espace semblait parfois être infini, un instant plus tard il semblait ne plus exister. J’avais l’impression de déambuler dans une substance blanche.

Soudainement un flash figea la scène. J’ai pu entendre le son du déclenchement simultané des deux appareils photos enregistrant une image. Un appareil était fixé au mur l’autre était suspendu au plafond. Il fallu quelques fractions de secondes pour que mes yeux se focalisent à nouveau sur la maquette.

Après avoir fait le tour de la maquette, je m’en approchais lentement. Je ne pouvais pas encore comprendre sa matérialité. Mais, en m’approchant son expression changeait. Depuis une certaine distance elle semblait être un modèle réduit abstrait mais fidèle du pavillon dans lequel je me trouvais. De plus près elle semblait plus brute et plus massive. C’est alors que j’ai compris qu’elle était construite en plaques d’acier laqué. Je pouvais deviner les soudures. J’en refaisais une fois le tour pour me retrouver devant la façade principale. La porte d’entrée était ouverte, comme celle du pavillon grandeur nature. Quand j’ai regardé à travers cette porte quelque chose s’est produit. Je me suis vu dans la maquette m’approcher d’une autre maquette et, dans une répétition exacte de ce que je venais de faire, me pencher pour regarder à l’intérieur.